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L’ETAT D’URGENCE MONDIAL EST DÉCRÉTÉ

Alerte climat. L’état d’urgence est décrété !

« Nous avons 10 ans pour éviter la 6è extinction de masse annoncée par les climatologues et l’ONU ». C’est ainsi que B. STIEGLER, philosophe et auteur de nombreux ouvrages sur l’époque actuelle, introduit sa présentation : l’état d’urgence mondial est décrété !

La loi d’entropie à l’origine de tous nos maux

S’appuyant sur des faits scientifiques et reprenant les arguments développés dans son œuvre, Bernard STIEGLER nous explique que les évolutions dont l’origine se situe à la fin du XVIIIe siècle et leurs conséquences de plus en plus négatives, sont le résultat d’une loi de la physique : la loi d’entropie.

Il s’agit de la 2ème loi fondamentales de la thermodynamique. Cette loi, formulée pour la 1ère fois par R. Clausus en 1865 démontre que plus un système se développe plus il détruit. (Lire la suite… Source Wikipédia).

La loi d’entropie stipule que « Plus le taux d’entropie d’un système est élevé, moins ses éléments sont ordonnés, liés entre eux et plus grande est la part de l’énergie qui se libère alors de façon incohérente ». La loi d’entropie permet de calculer le taux de dissipation de l’énergie.

Autrement dit, les systèmes se complexifient naturellement et plus ils sont complexes, moins ils sont organisés, moins nous les contrôlons et plus ils détruisent le vivant. Ce que nous sentons tous intuitivement depuis des années.

Nous comprenons bien alors pourquoi il est vain de chercher des responsables et des boucs émissaires : nous sommes en présence d’un phénomène physique auquel nous ne pouvons rien… si ce n’est s’y opposer résolument !

Reprendre le pouvoir par la néguentropie

Qu’est-ce donc alors que la vie ? C’est ce qui échappe à la loi d’entropie dit B. STIEGLER et donc, ce qui s’organise pour préserver le vivant. Lire la suite…  (Source Wikipédia).

L’absence d’indicateurs fiables

B. STIEGLER affirme que l’économie mondiale est un système entropique qui est en train de tuer le vivant. Pourquoi ? Parce que les seuls indicateurs utilisés sont des indicateurs comptables quantitatifs, simplistes et faux, déconnectés d’autres indicateurs capables d’évaluer le vivant : l’état de l’air, de l’eau, de la santé, de la culture, du bonheur des gens, etc. Et surtout parce que le système produit de lui-même des objets et des effets que personne ne contrôle plus.

Il existe un énorme écart entre la taille et le pouvoir des GAGA par exemple, et celle des organismes capables de les contrôler. C’est la lutte entre David et Goliath. La seule réponse à cela est d’armer David pour qu’il soit de taille à lutter : seule la force du collectif le permettra.

La destruction de l’intelligence

Un des effets les plus négatifs de l’entropie du système économique mondial est la destruction des cerveaux, de l’intelligence.

Éclairé par les travaux des psychanalystes et des spécialistes de la construction de la personnalité B. STIEGLER fait le constat alarmant des dégâts, parfois irréversibles, causés par le numérique et par les écrans, sur le cerveau des tout petits notamment. Il pointe les difficultés de plus en plus fréquentes des adultes à penser, à discerner le vrai du faux, à choisir, à argumenter, à s’opposer.

Le pire des dégâts du capitalisme spéculatif est de ne pas avoir investi sur l’humain, d’avoir laissé se développer la cupidité et le narcissisme outrancier, la paresse et la bêtise, comme s’il s’agissait de nouveaux droits.

Un système qui s’emballe

La loi d’entropie démontre que plus l’économie se développe, plus elle tue. Elle supprime les uns après les autres tous les éléments de la vie n’en prenant en compte qu’un seul : l’argent.

Ainsi sommes-nous entrés sans en avoir conscience dans une guerre économique mondiale dont on espère qu’elle ne préfigure pas une guerre militaire, voire nucléaire. Et face à tant d’impuissance, un grand nombre d’entre sous désespère.

Une question de survie

Il existe des solutions car, face à l’entropie, la néguentropie est possible. En effet, tandis que l’entropie est spontanément croissante et s’applique à un système isolé, la néguentropie est une force de cohésion entre systèmes reliés.

Il existe une condition au passage de l’entropie à la néguentropie : baser les politiques et l’économie mondiales sur la lutte contre l’entropie. C’est maintenant, et ce n’est pas une question de choix, c’est une question de survie !

Réorienter le modèle

Réorienter le modèle suppose de changer les critères de performance et de mesure de l’efficacité. Cela suppose une pensée politique renouvelée, collective, qui poursuive des buts bénéfiques.

Il ne s’agit pas de détruire le capitalisme mais de le faire évoluer, prospérer même, mais pour d’autres fins. Il ne s’agit pas de décroissance économique mais de rationalité économique, pas de la fin des systèmes financiers mais de faire en sorte qu’ils retrouvent leur vocation initiale : investir dans le progrès.

En fait, ce ne sont pas les systèmes en eux-mêmes qui sont dangereux, c’est seulement que, ayant cru qu’ils étaient capables de se réguler d’eux-mêmes, nous ne les contrôlons pas.

Ces systèmes sont moins intelligents que nous le pensions : ils obéissent à une seule loi, la loi d’entropie. Face à cela, seule une organisation collective est en mesure d’assurer la maîtrise des systèmes et de le faire dans un but utile à tous : préservant le vivant. Le numérique devrait nous le permettre aisément.

Comment procéder ?

Rien n’est permanent et le principe même de la vie, c’est l’évolution, l’adaptation au milieu, à l’environnement. Seule l’entropie est définitive.

Que faire alors ? Nous connaissons la réponse. La question est plutôt « comment procéder ? » De partout, des initiatives naissent et de nombreux indicateurs nous incitent à espérer : (Voir les liens en bas de page).

  • Les banques et les acteurs économiques importants qui s’inscrivent dès maintenant dans ces évolutions. Ils le font pour des raisons économiques et parce qu’ils savent que sans changements ils ne survivront pas, mais aussi pour des raisons éthiques.

Dans l’expérience qu’il accompagne à PLEINE COMMUNE, B. STIEGLER est entouré d’acteurs tels que LA STE GENERALE, LA CAISSE DES DEPOTS, DASSAUT, ORANGE, DANONE, ainsi que par un grand nombre de représentants du monde scientifique, (biologistes, médecins, psychologues), par des politiques et des représentants de la haute fonction publique.

  • Les expériences réussies d’agriculture vivante de plus en plus nombreuses, en bio et permaculture notamment. Et une floraison d’idées et de techniques nouvelles qui apparaissent chaque jour et sont des réponses à l’agro-industrie offrant de nouvelles potentialités de développement économique.
  • Et un nombre de plus en plus grand d’acteurs économiques et de particuliers qui « n’en peuvent plus ». (Voir les liens en bas de page).

Construire les nouveaux modèles collectifs et locaux

L’une des aberrations de nos sociétés est d’avoir développé des organisations pyramidales et hiérarchisées qui empêchent toute initiative individuelle ou locale.

Qu’il s’agisse des entreprises, des administrations ou des autres acteurs de la vie publique, tout le monde s’accorde à constater l’inefficacité de ces modèles. Et tandis que l’on sait que certains problèmes peuvent et doivent être réglés localement, le système politico- administratif et réglementaire l’interdit.

L’heure est venue d’écrire collectivement une nouvelle page de l’histoire de l’humanité, d’établir « un nouveau compromis historique » comme le propose B. STIEGLER.

Démontrer que « ça marche », et vite !

Les changements se produiront concrètement, à l’initiative des acteurs de terrain qui conduiront des projets collectifs et locaux. Un bon exemple nous est proposé par le mouvement « BLEU, BLANC, ZÈBRE initié par P. JARDIN. Voir le site…

Nous devrons démontrer que « ça marche » par la mise en œuvre pratique, concrète des projets que nous mènerons. Et le faire vite ! Les changements fédéreront des énergies locales et développeront des relations durables, offrant ainsi de nouvelles raisons d’espérer.

Faire face, ensemble

Dans les années qui viennent, le plus difficile ne sera pas d’agir, mais d’agir ensemble, avec la jeunesse notamment.

Nous serons confrontés au déni, à la peur, à la tentation de repli sur soi, à l’inertie, au nihilisme de certains. Nous devrons faire face à l’ignorance, à la bêtise, à la violence aussi.

Notre histoire est dans notre ADN

Mais nous savons comment répondre à ça car l’histoire montre que nous l’avons déjà fait : l’adaptation est inscrite dans notre ADN.

Nous avons les concepts et les méthodes ; nous trouverons des terrains et des partenaires et saurons adopter les pratiques de nos anciens qui ont fait leurs preuves : l’apprentissage, l’éducation, le respect, l’attention, le partage de plaisirs simples, le rire, l’entraide et la concertation.

Nous rencontrerons de multiples difficultés mais nous retrouverons aussi des raisons de vivre et d’espérer.

Ensemble, j’en suis sure, nous y arriverons.

 

Françoise ADAM
AKENE. Conseil en management

Présidente de l’association ADN Collectif
https://www.adncollectif.com/

Les bonnes nouvelles du sommet climat et les raisons d’espérer

Greta Thunberg sommet climat New York JohannesEisele AFP

Les grands acteurs économiques qui s’engagent

(La liste augmente de jour en jour.)

4 Comments on “L’ETAT D’URGENCE MONDIAL EST DÉCRÉTÉ

  1. L’ONU s’engage, la Russie aussi. Ca bouge enfin ! Ouf ! Vite, vite, rattrapons le temps perdu. (Même si l’on sait qu’il ne se rattrape jamais…)

  2. Vaut-il mieux lutter contre le réchauffement climatique ou s’adapter au changement climatique ? La lutte « contre le changement » nécessite beaucoup d’énergie or l’énergie est l »ennemie du climat. Et si on s’adaptait en adoptant des pratiques plus vertueuses sans renoncer à notre niveau de vie et à notre confort.
    Lorsque nous admettrons que le changement climatique n’est pas du seul fait de l’activité humaine, le 3/4 de l’hérésie collective qui nous empêche de réfléchir de façon plus intelligente sera éliminée.
    Ne nous trompons pas d’objectif et ne surestimons pas notre capacité à « lutter » contre le réchauffement. Au 13 ième siècle, à l’époque de St LOUIS , la vigne prospérait sur les collines du bassin parisien comme elle le fait aujourd’hui sur les coteaux de Bergerac ou de Cahors. Pourtant aucune activité humaine ou industrielle n’explique cette période plus chaude qui s’est estompée en quelques siècles. L’humilité nous incite à admettre des fluctuations naturelles parfois augmentées par des facteurs induits comme l’activité industrielle ou domestique.
    Je ne suis ni climatosceptique ni prêcheur de l’apocalypse. Toutefois je ne peux m’empêcher d’aller observer le niveau de la mer chaque fois qu’un « climato-scientifique » nous annonce la montée significative du niveau des eaux. Or 70 % des glaces du pôle nord ont déjà fondu en 15 ans et on n’observe toujours pas le moindre centimètre d’élévation du niveau des océans sous nos latitudes. Ne risque t’on pas un rejet brutal de la science dans ce domaine à partir du moment où la « lutte » contre le réchauffement climatique deviendra liberticide et réductrice de notre niveau de vie ?

    • Merci de votre éclairage. Je partage votre avis mais je pense qu’il va falloir lutter pour, le faire localement et collectivement. Changer est la chose la plus difficile qui soit et nous aurons besoin de soutenir les nouveau projets.
      Au plaisir !

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