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Conditionnement neuronal

LA COMMUNICATION INTERPERSONNELLE

Les mécanismes de la communication interpersonnelle sont connus depuis longtemps. Dès les années 50, les spécialistes définissent la communication selon un schéma qui prévaut encore de nos jours. : Communiquer, c’est faire passer un message entre un émetteur et un récepteur et obtenir une réponse en retour. C’est un processus en boucle ». Lire l’article de Wikipédia : la communication.

Mais ce sont les neurosciences, avec la notion de conditionnement neuronal qui nous éclairent le mieux sur nos difficultés : elles sont dues à nos différences, elles-mêmes dues au fonctionnement même de notre cerveau. Elles  nous donnent aussi des clés pour optimiser notre communication et nos relations.

DES SIÈCLES D’OBSERVATION

Bien qu’efficace et pertinent, le schéma de la communication ne suffit pas à expliquer les différences de comportement entre les êtres humains.

En effet, des siècles d’observation ont mis en évidence qu’il existe d’autres facteurs impactant sur la communication et la relation : le tempérament (Hypocrate), le caractère (Le Senne), l’éducation, la culture, la religion, etc.

LES PRÉFÉRENCES CÉRÉBRALES

On situe les premières recherches sur le cerveau aux alentours des années 1850, avec la célèbre histoire de Phineas Gage dont le cerveau fut endommagé par un projectile.

  1. Il perdit sa personnalité initiale et devint tout autre, ce qui permit au médecin qui l’accompagnait, le Dr Harlow, d’initier les premières recherches sur le cerveau. Ainsi naquirent les neurosciences. Lire l’article de Wikipédia…

Mais c’est à partir des années 70 que des théories plus élaborées se développent.

LES 3 ETAGES DU CERVEAU

C’est d’abord Paul Mac Lean, en 1967, avec sa théorie du cerveau tri-unique, qui le premier affirme l’existence de zones différenciées du cerveau. Il distingue le cerveau reptilien, siège de nos pulsions et nos mécanismes de protection les plus automatiques et les plus archaïques, le système limbique, siège des émotions, et le cortex, lieu des concepts.

Plus récemment, c’est cette vision que développe David Servan Schreiber dans la vidéo « Le cerveau émotionnel ». Il y montre que, sous stress, notre système limbique met en œuvre des mécanismes de défense qui nous empêchent de réfléchir.

 

Quelques années plus tard, en 1979, Roger Sperry affirme qu’il existe 2 hémisphères cérébraux ayant chacun des fonctionnalités différentes. La vision du cerveau gauche et du cerveau droit est née.

NED HERRMANN ET LES 4 CERVEAUX

Mais c’est Ned Hermann, en 1978, qui théorise en détail les différences entre les « 4 cerveau ». Croisant la vision de Mac Lean et celle de Sperry, il affirme qu’il existe bien 2 hémisphères, et 4 quadrants : le cortex gauche et le cortex droit, le limbique gauche et le limbique droit.

Herrmann caractérise en détail les attributs des 4 quadrants et en déduit des conséquences pour la formation et pour la communication.

Après 40 ans d’expérimentation, et même si elles ne constituent que des grilles de lecture et non un reflet exact de la réalité, force est de constater la valeur des approches de Hermann.

LES DONNÉES ACTUELLES DES NEUROSCIENCES

Les neurosciences, grâce aux IRM, permettent de visualiser le fonctionnement du cerveau, de voir « ce qui s’y passe ». Elles ont permis d’identifier un certain nombre de zones cérébrales et d’invalider mais aussi de valider certaines affirmations des premiers chercheurs.

Tout le monde s’accorde sur le fait qu’il existe bien 2 hémisphères cérébraux, chacun ayant ses fonctionnalités. Mais, il en est du cerveau comme de tout le corps humain : les différences peuvent être importantes entre les individus et les fonctionnalités ne s’exercent pas forcément de la même manière, ni dans les zones cérébrales identiques. Les circuits neuronaux se développent de manière totalement différenciée : chacun de nous est unique.

Ainsi, le siège du langage, par exemple, qui se situe normalement dans le cerveau gauche, peut, chez certaines personnes, se situer dans le cerveau droit.

LA PLASTICITÉ NEURONALE

Une des capacités les plus extraordinaires du cerveau est sa capacité à reconstruire ailleurs et autrement des circuits neuronaux endommagés ou détruits. Les études sur les personnes qui sortent de comas profonds montrent comment leur cerveau reconstruit des circuits neuronaux et leur permet de se « récupérer ». Lire l’article Wikipédia sur la plasticité neuronale. 

LE CONDITIONNEMENT NEURONAL

S’il n’existe pas de cerveau standard, ni de type pur « cerveau gauche » ou « cerveau droit », il n’en demeure pas que nous développons certaines zones et pas d’autres.

Partisan du moindre effort, notre cerveau développe parmi les zones cérébrales celles qui ont été initialement activées dès l’origine de la vie et les premiers âges. Il est plus facile et moins couteux en énergie de procéder ainsi plutôt que de recréer à chaque expérience de nouveaux circuits.

Ainsi se développent les préférences cérébrales, celles du cerveau gauche ou du cerveau droit, du cortex ou du limbique.

Voir la vidéo de Céline ALVAREZ : La plasticité cérébrale chez l’enfant. (Comment se construit la personnalité).

RÉPONDRE A NOS ATTENTES

Revenons à nos propos sur la communication. Un grand nombre de managers se plaignent de l’absence d’écoute de leurs collaborateurs et surtout, de leur responsable.

Que nous apprennent les neurosciences ? Et comment se faire entendre et comprendre ?

COMMUNIQUER CERVEAU TOTAL

Les IRM nous montrent que nous communiquons comme nous l’avons toujours fait : avec nos préférences cérébrales inconscientes. Nous optons naturellement pour une argumentation fondée sur les émotions… ou sur des observations factuelles en fonction de notre zone de confort.

Face à nous, les interlocuteurs eux aussi ont un conditionnement cérébral. S’il s’agit du même que nous, c’est parfait. Nous nous comprenons immédiatement. Mais s’il s’agit d’un profit différent, alors, c’est l’incommunicabilité.

Nous devons apprendre à repérer nos fonctionnements pour nous adapter à ceux de nos interlocuteurs.

Communiquer « cerveau total », c’est donner à l’autre ce dont il a besoin pour ne pas générer de stress inutile. Il doit comprendre immédiatement où vous voulez l’emmener… et cela doit être dans sa zone de confort à lui. (Elle).

Vous devez sortir de votre zone de confort pour « entrer chez l’autre par la bonne porte ». Une fois quelques mots échangés, l’interlocuteur se détendra, le stress disparaîtra et il pourra s’ouvrir à d’autres arguments.

LES BESOINS SELON LES PRÉFÉRENCES CÉRÉBRALES

De quoi votre interlocuteur a-t-il besoin pour s’ouvrir à vous ?

  • Si le profil votre interlocuteur est plutôt« cortex gauche » , il a besoin de disposer d’informations factuelles, de raisonner en termes de problèmes, de mettre en lien les causes et les effets. De trouver des solutions.
  • Le « cortex droit » lui, doit pouvoir comprendre le sens, la signification, les valeurs que vous évoquez.
  • Le profil « limbique gauche » veut savoir quelles actions il(elle) va pouvoir mener, comment il va pouvoir contrôler la situation évoquée.
  • Et enfin,le « limbique droit » a besoin de prendre en compte les besoins des autres, de partager, de communiquer.

La combinaison « cortex gauche + limbique gauche » donne un profil très factuel, ne laissant pas la place aux émotions ni parfois même, à la communication.

Inversement, la combinaison « cortex droit + limbique droit » signe les personnalités très humaines, altruiste, idéalistes, peu ou pas réalistes.

Les personnes aux profils « cortex droit et gauche » sont très ancrés dans la réflexion. C’est un profil que l’on rencontre souvent chez les politiques auxquels on reproche d’être coupés du réel.

Les purs limbiques sont dans l’action et la relation, des êtres affectifs et productifs. C’est un profil qu’on rencontre chez bon nombre de managers engagés au quotidien auprès de leurs équipes.

Mais, encore une fois, les profils purs sont rares.

OBTENIR DU SOUTIEN

La plupart des managers qui vivent des situations insupportables au quotidien aimeraient obtenir du soutien de leur responsable. Ils lui font part de leur indignation, de leur colère, de leurs émotions, pensant ainsi pouvoir partager. Grave erreur !

Les responsables ont un fort « cortex gauche » puisqu’ils sont censés gérer l’activité. Ils ne croient pas que partager puisse réconforter. Selon eux, c’est de trouver des solutions qui permet de soulager. Ils ont besoin de faits, de chiffres, de preuves. Ils se sentent impuissants devant vos émotions.

Ne dites plus à votre chef « J’en ai marre ! Ce n’est plus possible ! L’équipe du soir ne respecte pas les consignes… »

Dites-lui : « Je viens de faire un constat : la semaine dernière, l’équipe du soir a fabriqué et livré X produits non conformes. Les frais de retour s’élèvent à …. Le temps perdu à …. Et le client était mécontent. J’identifie un problème de non-respect des procédures qualité. Comment régler ce problème ?

Et vous aurez alors le plaisir de constater que l’on répond à vos attentes.

Pour aller plus loin…

LE CERVEAU ET SES AUTOMATISMES. Comprendre nos programmations inconscientes.(Source : Arte)

Dossier lié : Les fondamentaux de la communication.

 

 

 

 

 

 

 

 

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